Jarre de Biot

Jarre de Biot

Jarre
Jarro ou Gerlo
Matériaux et techniques : Terre vernissée
Mesures : 70.6x46 cm
Poids : 25 kg 500 grammes

LE TRAVAIL DES ÉLÈVES

Les jarres de Biot sont d’usage domestique. Ces récipients servaient au stockage et au transport des farines, légumes secs et nombreux autres produits. La fabrication croissante des jarres a été liée à l’extension massive de la culture de l’olivier.

Forme : Grande jarre en terre cuite beige de forme ovoïde, à bords hauts, à col vernissé brun-jaune à petit rebord rond. Elles étaient imperméabilisées, à l’intérieur, par une épaisse glaçure en plomb (alquifoux). Les jarriers apposaient, sous les sols, des cachets (estampilles) qui étaient leurs marques de fabrique et n’avaient aucun rapport avec les contenus.

La jarre Provençale a une forme très particulière, ventrue avec une collerette plus resserrée.

Décoration : Gravé en haut, près du col: trois doubles cercles avec frises géométriques entourant des croix inscrites dans des quadrilatères

Couleur : beige à bord vernissé brun-jaune

Un peu d’histoire…

Chargée d’une histoire millénaire, issue de l’amphore antique, la jarre provençale est faite dans la tradition artisanale d’un savoir-faire de céramiste, elle est entièrement façonnée à la main.

Par les anciens registres, on a pu dénombrer 510 potiers biotois de 1550 à la fin du 19e siècle. L’apogée de cette industrie locale se situe aux 17e et 18e siècles, époque où l’on a pu compter de 180 à 190 potiers. « L’art de la terre » se transmettait de pères en fils et il y eu de véritables dynasties de potiers qui traversèrent les siècles.

En Provence…

Du 16e siècle à nos jours, Biot a produit des centaines de milliers de jarres exportées dans tout le bassin méditerranéen, en Amérique et jusqu’à la côte indienne.

Biot, devenue une référence du savoir-faire, fût un pôle d’attraction pour les gens du métier venus quelquefois de loin.

Pour aller plus loin…

En faisant des recherches dans la bibliothèque du CCR ou sur internet avec nos professeurs de français et de provençal, nous avons appris que les poteries en céramique avaient voyagé tout autour de la Méditerranée… Déjà, l’ancêtre de la jarre, l’amphore, qui servait aux latins pour le transport des denrées alimentaires (huile, blé, vin.) et dont de nombreux vestiges ont été retrouvés dans les fonds marins marseillais témoigne de ces innombrables voyages en mer Méditerranée. Mais plus près de chez nous encore, à La Roque d’Antheron, on a aussi trouvé dans l’abbaye de Silvacane, lieu de refuge et d’échange, des restes de jarre et de vaisselles issues des arts de l’Islam. On peut d’ailleurs lire des témoignages du voyage des poteries en méditerranée sur les panneaux d’informations qui entourent l’abbaye « Les mondes byzantin et islamique, à travers la péninsule ibérique et l’Italie méridionale, introduisent en Occident médiéval de somptueux services de table d’une grande maîtrise technique par rapport aux productions locales. […] Semblables au reste du milieu aristocratique dont ils sont originaires, les cisterciens de Silvacane adoptent ces luxueux objets parfois directement issu du monde islamique. »

Ces objets ou ustensiles utiles aux arts de la table ont donc bien voyagé à travers toute la Méditerranée via les caravaniers arabes, les marins ou encore les commerçants marseillais, contribuant ainsi au mélange des peuples, des coutumes et des cultures au sein du bassin méditerranéen.

Au delà de la Méditerranée …

Plus tard, ce sont les jarres de Biot qui se sont exportées plus loin encore, en Amérique du Nord et du Sud, témoignant d’un savoir-faire méditerranéen remarquable qui perdure.